Gallocanta est un petit village ancré dans le passé. Des vieilles maisons en pierre, tous volets fermés, des ruelles désertes, une ou deux voitures immobiles. Une centaine d’habitants que l’on croise rarement. Et nous deux.
Que faisons-nous ici ? Tout simplement, nous aimons ces plaines que l’agriculture habille d’un tapis multicolore, ces quelques hameaux figés dans le temps, ces terres qui repoussent la frénésie humaine à quelques dizaines de kilomètres.
Et puis, il y a la lagune d’eau salée qui abrite l’hivernage de milliers d’oiseaux migrateurs, dont des dizaines de milliers de grues cendrées.
Elle a beau être inaccessible en voiture et à pied, alors que ses quelques observatoires sont mal placés, elle reste fascinante à découvrir en parcourant les innombrables chemins agricoles en terre qui l’entourent. L’occasion de rencontres émotionnantes parce que rares.
La grippe aviaire a décimé les grues cendrées, cette année. Le dernier recensement fait état d’environ 5000 oiseaux, alors que d’habitude elles sont 30000.
Mais elles sont encore assez nombreuses pour ne pas pouvoir se cacher, n’est-ce-pas ? D’autant plus qu’il a neigé cette nuit, ce qui les empêche de se dissimuler dans le terrain.
D’autres couleurs et d’autres lumières. Profitons-en.
La neige a vite disparu. Le soleil joue avec les nuages, les averses s’en mêlent. Repartons en chasse.
Les grues sont des oiseaux particulièrement méfiants. Leur distance de fuite est considérable. Impossible de les approcher à pied. La voiture en tant que cachette discrète est la seule solution. Mais, dès que nous nous arrêtons, la première s’envole, suivie de toutes les autres.
Nous déployons toutes nos ruses. Une, deux voitures s’approchent. Ce sont des locaux, ils vont continuer leur route. Profitons-en pour nous arrêter. Elles ne feront peut-être pas attention à nous.
Parfois, ça marche !
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