LES NOUVEAUTÉS ABSOLUES

 

Depuis de nombreuses années, nous partons à la recherche d’émotions nouvelles. Nous avons pu observer et parfois filmer ou photographier d’innombrables oiseaux, endémiques ou non.

A chaque voyage, nous avons fait au moins une nouvelle découverte. Cette année-ci n’a pas fait exception à la règle.

 

• Le Durbec des sapins

 

Soyons sincères. Nous aurions pu aussi l’observer dans le Finnmark car il s’agit d’un oiseau arctique qui fréquente le comté, mais nous l’avons rencontré à quelques encablures, en Finlande.

Neljan Tuule Tupa est une charmante auberge perdue dans la nature, sur les rivages d’un lac non moins charmant. Depuis une dizaine d’années, les propriétaires nourrissent les oiseaux du coin pendant toute l’année et leur fournissent même un logis. Ce qui permet aux nombreux passionnés fréquentant les lieux de réussir d’intéressantes observations, les oiseaux n’ayant pas peur de l’homme qui sait se faire discret.

Un court instant nous avons cru qu’il s’agissait de Becs-croisés, mais la grande taille, la barre alaire blanche et le bec qui ne se croise nullement nous ont rendus conscients de notre erreur.

 

 

Un de plus !

 

• Le Sizerin flammé et le Sizerin blanchâtre

 

Notre premier Sizerin flammé n’est pas bien vieux. En Norvège,  au centre du pays, l’année passée. Ici, en Finlande, il se mélange volontiers avec son compère.

Je cite nos guides préférées : « Seul le mâle du Sizerin flammé arbore du rouge pâle à la poitrine, tous les autres sont très difficiles à distinguer sur le terrain ». Sympa, n’est-ce-pas ?

 

 

Celui-ci est donc facile à identifier. Quant aux autres, c’est une autre paire de manche.

 

 

Alors, pour une fois, faisons confiance à l’intelligence artificielle. Celui de gauche serait un blanchâtre, les deux autres des flammés.

Une identification à prendre avec des pincettes.

 

Le Grand tétras

 

Nous venons de terminer un excellent dîner à Neljan Tuule Tupa. Une promenade digestive s’impose…

En réalité, un guide français, hôte de l’auberge, nous a signalé la présence du Grand Tétras dans la forêt voisine. Une occasion à ne pas perdre.

Trois-cents mètres, peut-être quatre-cents sur un sentier spongieux qui s’insinue dans parmi conifères et buissons. Je m’immobilise. Devant moi, à une quinzaine de mètres, sur une branche de sapin, apparaît le Graal.

Seuls la respiration du Grand Tétras et le doux cliquetis de nos appareils rompt le silence. Le temps ne s’écoule plus. Un autre grand moment.

Nous décidons enfin de quitter le sentier et de faire un large détour dans la brousse, pour ne pas le déranger davantage. Au passage, connaissant le mauvais caractère de l’oiseau, je ramasse la première branche qui me tombe sous la main.

Le voilà qui descend de son perchoir. Il se met à nous suivre. Prédateurs devenus proies. Tout en cherchant à nous éloigner, nous ne résistons pas au plaisir d’une dernière photo. Il s’approche, nous reculons, mais sommes rapidement arrêtés par un étang.

Dix mètres, cinq mètres. J’agite mon épée pour le faire déguerpir. Peine perdue, il se jette dessus et casse le bois pourri. Il m’attaque.

 

 

Nous avons survécu et lui aussi. Le comment est un secret entre Christine et moi-même.

 

• Le Goéland à ailes blanches

 

Les côtes marines sont le royaume des Goélands. Marins, argentés, bruns et cendrés, nous avons appris à les reconnaître. Comme d’autres oiseaux souvent présents, ils n’intéressent guère nos objectifs.

Nous cherchons autre chose : le Goéland bourgmestre, tout de blanc vêtu. Pendant des longs et répétés moments, arrêtés en bord de mer, nos jumelles scrutent les rassemblements d’oiseaux. En vain.

Mais notre quête du blanc réussi. Sur la plage de Kiberg, abandonnée par la marée descendante, apparait, caché entre un groupe de Goélands argentés, le rare Goéland à ailes blanches.

Il niche au sud de la baie de Baffin et au Groenland. Il a dû s’attarder par ici dans sa migration. Il est assez loin et la journée est brumeuse. Nos premières photos ne sont pas une réussite.

Nous tentons une approche. Quelques dizaines de mètres sur la plage. Il s’éloigne, puis s’envole, mais nous avons gagné.

 

 

• Le plongeon à bec blanc

 

Oiseaux arctique par excellence, il est un oiseaux rare dans nos contrées. Le Varanger en compte un petit nombre. Cela tombe bien. Nous y sommes.

Nous n’en avons vu qu’un et nous avons failli le manquer. Nous avons juste aperçu la silhouette d’un plongeon, alors que nous nous engagions  sur la voie du tunnel sous-marin qui relie Vardo à la terre ferme, sans possibilité de manœuvre.

Dès que possible, nous avons rebroussé chemin, surmontant la crainte que la mer nous tombe sur la tête. Parfois, dans la vie, il faut savoir oser.

Il était toujours là et c’était lui, dans sa splendide tenue nuptiale.

 

 

Il fait désormais partie de notre collection de plongeons.

 

 

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