LES SEIGNEURS DU NORD

 

Il est certes possible de les apercevoir accidentellement ici et là, même en Suisse, mais pour nous ces oiseaux représentent à merveille les paysages désolés et sauvages du nord de l’Europe, là ou le froid et le vent règnent souverains et l’homme se fait un peu plus rare.

 

• L’Huitrier pie

 

Il hérite de l’honneur d’ouvrir la liste non pas parce qu’il est le plus beau ou le plus difficile à observer, mais parce qu’il est le pire ennemi du photographe ornithologique.

Nous ne comptons plus les fois où il s’est levé soudainement en vol, alertant avec son cri strident l’oiseau que nous essayions d’approcher  avec une prudence de peaux rouge. Combien de photos d’anthologie manquées à cause de lui ? Nous en avons perdu le compte.

 

 

Nous levons le verre en ton honneur, cher ennemi.

 

• L’Eider à duvet

 

Optimistes de nature, nous espérions croiser un Eider de Steller ou un Eider à tête grise qui se serait attardé ici après l’hiver. Cela sera pour une autre visite.

Nous avons dû nous contenter du plus commun Eider à duvet.

 

 

Nous avons perdu au change ? Et pourquoi donc ? S’il n’est pas aussi coloré que ses cousins, il reste un magnifique oiseau qui a parfaitement l’allure d’un Seigneur du nord.

 

Le Plongeon catmarin et le Plongeon arctique

 

La découverte de l’élégante silhouette du Plongeon glissant sur l’eau tel un fantôme provoque toujours en nous un agréable frisson. Impossible de ne pas s’arrêter, de chercher le meilleur endroit pour le photographier de façon à mettre en valeur la finesse de ses splendides couleurs.

Le catmarin est le plus petit de la famille, mais en période de reproduction est peut-être le plus beau. Une tache rouge sur le devant tranche avec le dessus de son corps brun. Sa nuque blanche et finement rayées de gris font le reste.

 

 

L’arctique, n’a de rouge que l’iris de l’œil. Il nous fait l’éclatante démonstration de comment le noir et le blanc peuvent être des magnifiques couleurs. Rayures, damier et collier de perles surmontés du gris plombé de sa tête. Finesse et élégance.

 

 

L’Harelde boréale

 

Je me rappelle l’agitation que sa présence sur un lac vaudois avait suscitée dans le monde suisse de l’ornithologie, car la voir dans nos régions est plutôt accidentel.

Donc, l’adrénaline monte lorsque nous apercevons un couple le long de la route 860, sur les bords d’un lac glacé. Je suis sur un pont, impossible de s’arrêter. Mince, où diable puis-je stationner ?

Le temps de revenir, le brouillard l’a avalé. Nous n’apercevons plus que deux vagues silhouettes.

Mais nous avons appris à être patients. Un coup de vent et nous avons notre photo.

 

 

On ne voit malheureusement pas l’étrange queue du mâle. Il faudra attendre quelques jours… Il s’agit probablement du même couple dans la glace d’un lac voisin, celle du précédent ayant fondu. Car l’Harelde aime la glace.

 

 

• L’Harle huppé

 

Nous voyons très souvent des troupes de plusieurs dizaines d’harles bièvres en bordure de fjord. Ces oiseaux semblent avoir des yeux derrière la tête. Il suffit d’arrêter la voiture, même à des centaines de mètres, pour les voir quitter le rivage et rejoindre la mer. Incroyable. Allez donc les photographier…

Son cousin, le huppé, privilégie la vie en couple, tout au moins en cette période de l’année.

 

 

Moins méfiant et moins rapide à la fuite, il a néanmoins fallu pas mal de ruse pour l’approcher. Nous n’avons pas souvent réussi.

 

Le Lagopède des saules et le Lagopède alpin

 

Encore deux oiseaux difficiles à distinguer, tant ils se ressemblent. Le premier est légèrement plus gros et les nuances de ses plumes brunes tend au brun-roux plutôt qu’au gris du deuxième.

Ah, j’allais oublier. Le lagopèdes des saules a un bec plus gros et ongles plus claires…

Comme leur nom l’indique, mieux vaut se fier à leur habitat pour les distinguer. Notre premier fréquente les forêts boréales de bouleaux, de conifères et de saules.

 

 

Notre deuxième préfère pentes dénudées et toundra pierreuse, là où la végétation se fait rare.

 

 

Ils ont une autre caractéristique commune : leur beauté.

 

• Le Cygne chanteur

 

En hiver, il lui arrive de descendre chez nous, mais il reste un oiseau de la taiga, voire des côtes nordiques comme en Islande, où il est très présent.

Comme tous les cygnes, lorsqu’il glisse sur l’eau, il donne une image de majestueuse élégance.

 

 

En fait, il ne chante pas, comme son nom le laisserait présumer. Il joue plutôt de la trompette et il se fait entendre de loin.

 

• Le Labbe parasite

 

Son vol élégant et rapide rappelle celui d’un faucon qu’il n’est pas. Mais du faucon, il a aussi les attitudes de prédateur. Il pourchasse mouettes tridactyles et sternes arctiques pour leur faire recracher leur pitance qu’il attrape au vol, ce qui lui a valu son nom.

Mais il n’hésite pas à chasser lui-même, s’attaquant aux petits oiseaux et aux poussins des autres espèces. C’est probablement pour cela qu’un vent de panique se lève sur le petit lac, lorsqu’il décide de prendre son bain.

 

 

Nous avons pénétré dans son territoire. Son nid est peut-être proche. Il n’est pas content et il nous le fait savoir. Nous ne nous attardons pas car il est capable d’attaquer l’homme.

 

 

• La Sterne arctique

 

Habituée à des longues migrations, de l’Arctique à l’Antarctique, volant sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, quelques évolutions devant nos objectifs ne sont que broutilles…

 

 

Encore un oiseau qui ressemble à un autre : Sterne arctique ou  Sterne pierregarin ?  Cette dernière étant également présente dans le Varanger. Mais l’absence de noir au bout du bec, les pattes courtes, le gris prononcé du ventre semblent être d’accord avec notre identification. L’intelligence artificielle aussi.

 

• La Mouette tridactyle

 

On l’annonce en danger d’extinction dans la peninsule, à cause d’une épidémie de grippe aviaire. Permettez-moi d’être dubitatif, car nous avons vu des colonies un peu partout. Même si les pessimistes envisagent la transmission de la maladie sur plusieurs générations.

 

 

Et si vraiment c’était le cas, nous aurons au moins réussi quelques clichés.

 

• La Macreuse noire

 

Elle passe le plus grand temps de sa vie en mer, en bandes nombreuses, s’approchant du rivage seulement en période de reproduction, dès le moi de mai. D’où la difficulté de l’observer de près.

Auparavant, nous l’avions vue une seule fois à Haines, en Alaska. Cette année nous avons eu une première chance le le long de la côte amenant à Hamningberg. Nous avons attendu en vain que la troupe s’approche un peu du rivage.

 

 

Nous avons eu plus de réussite sur la route du parc national Ovre-Pasvik, tout près de la frontière russe.

 

 

 

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