À peine revenus d’Espagne, nous voilà déjà sur le chemin du retour. Un court séjour, cette fois-ci, ciblé sur deux seules provinces espagnoles : Castille-et-León et Estrémadure.
Quatorze jours, voyage en avion compris, au début mai, période particulièrement favorable à l’observation de nos amis les oiseaux.
Nous avons un but précis en tête : observer et photographier le vautour percnoptère, le seul à nous avoir échappé à ce jour, car il passe l’hiver en Afrique pour revenir en Europe entre mars et avril.
♥ NOTRE ÉQUIPE
Cette fois-ci, nous ne serons pas seuls. Nous amenons dans nos bagages Sophie. Elle a déjà voyagé avec nous et elle a appris à supporter toutes nos manies.
Sauf peut-être ma manière de conduire… Mais je table sur le fait qu’elle n’y prêtera pas attention, occupée à photographier l’oiseau rare !
♥ NOTRE VOYAGE
Huit heures du matin. Nous débarquons à Madrid et nous mettons immédiatement cap sur le Parque Natural Arribes del Duero qui, à quelques kilomètres de distance devient, côté portugais, le Parque Natural do Douro Internacional.
Les noms diffèrent, mais les paysages demeurent identiques et fascinants.
Trois jours pour parcourir des petits chemins secrets, le nez en l’air pour espérer apercevoir notre vautour. Une botte secrète néanmoins : la cabane d’observation de Carlos que nous avons connu cet hiver…
Pereruela, notre camp de base, la route ZA-L-2213 qui le relie à Badilla, très riche en observations, le gigantesque embalse de Almendra, ses pistes longeant patûrages et propriétés foncières, les miradores de la Barrancas et del Colagon del Tio Paco, tous des endroits qu’il vous faudra situer sur une carte si vous venez un jour dans le coin. Ils en valent la peine.
Trois autres jours à Villafàfila, à la chasse de l’outarde barbue, du busard cendré et des nombreux oiseaux nichant dans ses plaines infinies. Encore des kilomètres parcourus en voiture sur des chemins ruraux cabossés, à la vitesse d’un escargot, le pied sur le frein, prêts à s’arrêter à chaque observation, vraie ou présumée. Allers et retours incessants, quelques balades à pied pour nous dégourdir les jambes.
Des nombreux observatoires, malheureusement pas très bien placés, donnent sur les lagunes. Mais il faut savoir compter sur la chance et nous en avons eu. Un tuyau pour trouver les outardes : Tapiolès et ses chemins agricoles.
L’Estrémadure n’est pas bien loin, quelques centaines de kilomètres. Nous n’aimons pas séjourner dans les villes et nous avons choisi Montànchez, un petit village aux vieilles maisons bordant des ruelles très étroites, où nous allons rester les prochaines trois nuits.
L’occasion de sillonner les Llianos de Cacéres, sur les routes CC331 et 332, à la vaine recherche de l’outarde canepetière. Mais d’une grande richesse ornithologique.
Si nous connaissions déjà un peu ces lieux, nous allons découvrir un nouvel endroit très spectaculaire : les steppes de la Serena, un paysage de collines recouvertes d’étranges affleurements rocheux déchiquetés, que l’on appelle ici « dents de chiens ». Un territoire pauvre en êtres humains et riche en avifaune, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Des dizaines et des dizaines de cigognes blanches évoluent dans le ciel pour se poser ici et là, tel un troupeau de moutons. Deux huppes fasciées nous offrent un étrange ballet, une lointaine chevêche d’Athéna fait monter l’adrénaline du groupe, un surprenant couple d’ouettes d’Egypte profite d’un petit lac apparu soudainement, une perdrix rouge ou deux tentent de se faufiler dans les herbes.
D’autres découvertes, d’autres émotions. Un lieu peu cité que nous conseillons vivement à tout passionné d’ornithologie.
Enfin, nous ne pouvions pas amener Sophie en Espagne sans lui faire découvrir l’un des endroits que nous aimons le plus : le parc national de Monfragüe et l’extraordinaire Palacio Viejo de las Corchuelas dont nous avons déjà tant parlé dans de précédents récits de voyage. Carmen nous attend.
Les vautours fauves, seigneurs incontestés de ces lieux, aussi. Ils sont différents qu’en hiver. La nidification bat son plein et ils se tiennent plus à l’écart, perchés sur les parois rocheuses, plus difficiles à photographier.
Il s’agit d’être patient. Tôt au tard, un thermique les amènera au-dessus de nos têtes.
Voilà. Des dizaines d’ailes nous effleurent. C’est un court et rare moment d’émotion. Il faut le savourer.
Le monticole bleu est toujours là. Et la rare cigogne noire fait sa première apparition. Au moins deux couples, probablement trois, nichent dans la paroi del Salto del Gitano. Les jeunes ne pas encore là. Il nous semble même apercevoir à la jumelle au moins trois oeufs dans un nid.
Ainsi s’achève notre brève escapade espagnole. Nous savons déjà qu’il y en aura d’autres.
Mais si vous voulez en savoir davantage sur ce récit, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien de l’une ou de l’autre histoire que nous allons vous conter.